La vie des films - Actualité du cinéma

La vie des films : La fille du RER de André Téchiné

La fille du RER de André Téchiné

Film français. Drame - Année de production : 2008 - Date de sortie : 18 Mars 2009 - Durée : 1h 45min.

Réalisateur : André Téchiné
Scénariste : André Téchiné
D'après l'oeuvre de Jean-Marie Besset
Adaptateur : Odile Barski

Interprètes :
Jeanne : Emilie Dequenne
Louise : Catherine Deneuve
Samuel Bleistein : Michel Blanc
Alex : Mathieu Demy
Judith : Ronit Elkabetz
Franck : Nicolas Duvauchelle
Nathan : Jérémy Quaegebeur
Tom : Djibril Pavadé
Marius : Alain Cauchi
Le vendeur : Amer Alwan
La serveuse : Mélaine Leconte
L'inspecteur de la brigade des stups : Raphaeline Goupilleau
Gabi : Arnaud Valois
Policier hôpital : Bruno Mary
Secrétaire : Jessica Borio
Jeune avocat : Benoît Solès
La mère de Judith : Shoshana Lok
Le père de la petite fille : Bertrand Soulier
...

Directeur de la photographie : Julien Hirsch
1er assistant réalisateur : Michel Nasri
Compositeur : Philippe Sarde
Monteuse : Martine Giordano
Chef décoratrice : Michèle Abbe (Michèle Abbé-Vannier)
Costumière : Khadija Zeggaï
Directeur de post-production : Abraham Goldblat
Ingénieurs du son : Jean-Paul Mugel, Francis Wargnier et Cyril Holtz
Directeur du casting : Stéphane Rideau
Directeur de production : Bruno Bernard
Photographe de plateau : Moune Jamet

Exportation/Distribution internationale : UGC, France
Production : SBS Films, France
Coproduction : France 2 Cinéma, France
Distribution : UGC Distribution, France
Attaché de presse : André-Paul Ricci

La fille du REREn 2004, une jeune fille non-juive inventa une agression antisémite dont elle aurait été victime. Ses déclarations eurent une répercussion nationale, la France entière s’indigna, le président de la République intervint. Quelques jours plus tard, elle avoua le mensonge. C’est le point de départ d’une fiction imaginée par André Téchiné, qui lui invente une famille, un amoureux, un milieu social, un comportement, un visage, celui d’Émilie Duquenne. La qualité principale du film est l’absence d’explication. Ce qui justifie le mensonge de la jeune fille du film, c’est qu’elle est sans qualités, sans épaisseur, c’est un personnage parfaitement opaque, inexpliqué lui-même. Cette opacité caractérise et explique son geste. Puisqu’elle n’existe pas, elle se raccroche à ce qui lui paraît faire sens: la culture juive qu’elle entrevoit très vaguement en rencontrant la famille d’un avocat juif célèbre (Michel Blanc) et, puisqu’il lutte publiquement contre l’antisémitisme, la jeune fille croit reconnaître une juste cause. Mais elle n’a aucun recul, aucune culture qui lui permette le moindre jugement éclairé. Tout chez elle est superficiel. Sa relation amoureuse est aveugle, là aussi l’absence de recul est total. Il est rare de voir au cinéma des personnages aussi transparents, mais dont la transparence soit un vrai sujet de scénario, un vrai questionnement pour le spectateur. Au fond, elle ressemble aux personnages d’un film assez extraordinaire de 1995, inspiré lui aussi d’un fait divers, l’Appât, de Bertrand Tavernier. C’est le vide absolu des personnages représentés qui faisait la force du récit, et qui expliquait leur violence délirante. La grande différence est qu’ici Téchiné suggère une possible ouverture. La jeune fille pourra accéder à un début de conscience, après que son mensonge aura été éventé par l’avocat, son exact contraire, c’est-à-dire un homme cultivé, engagé, conscient, un modèle de maturité. La représentation des adultes de l’histoire est d’ailleurs d’une grande finesse avec les deux couples étranges que forment Michel Blanc et Catherine Deneuve et Mathieu Demy et Rony Elkabetz. La mise en scène enfin a l’élégance à laquelle Téchiné a habitué ses spectateurs.

René MARX

Bande annonce :


La Fille du RER - Bande-annonce
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